Jeudi 31 janvier 2008
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SITUATION ACTUELLE
Navigabilité au 31/07/07:
De Farafangana à Mananjary
Il y a deux passages difficiles. Le premier se situe entre l'Eden Sidi et le village de Bévola, où il y a un très fort courant contraire obligeant les piroguiers à mettre pied
à terre sur la rive pour haler la pirogue. L'idéal serait d'équiper les pirogues de moteur électrique ou d'équiper la rive avec une traction cablée.
Le 2ème passage difficile est en même temps le plus insolite et le plus sauvage. Sur une trentaine de kilomètres, le canal est creusé dans une roche brune avec des rives
abruptes, enfouies dans les eucalyptus et les oreilles d'éléphant qu'il faut dégager à la machette pendant plus de 2 heures. Incroyable!
De Mananjary à Mahanoro
Il n'y a qu'un seul obstacle de jacinthes d'eau. Elles rétrécissent le canal, jusqu'à l'obstruer par endroit, mais un moteur HB de 9,9 cv arrive encore facilement à manoeuvrer
pour les traverser sans dommage. Cela reste à surveiller car il y a peu de bateaux assurant un trajet régulier, 1 ou 2 par semaine et les riverains locaux n'ont pas de moteur pour pousser les
jacinthes. Le tourisme aurait probablement un rôle positif à jouer sur ce secteur.
De Manohoro à Vatomandry
La circulation est actuellement interrompue entre les 2 villes à cause d'un bouchon de jacinthes d'environ 800m de long. Il est situé à mi chemin et empêche toute communication
fluviale, alors qu'elles étaient fréquentes et qu'elles pourraient se développer. A Manohoro, François guide fluvial et propriétaire d'un bateau de 10m ne peut plus travailler en direction du
Nord, alors que Vatomandry est la station balnéaire la plus proche de la capitale Tananarive, qu'elle est très bien équipée sur le plan hôtelier et fréquentée par des malgaches citadins ayant
un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne.
De Vatomandry à Tamatave
Il y a plusieurs difficultés de navigation: la première est liée aux pécheurs en eaux douces, la seconde aux bancs de sable. A Vatomandry, il n'y a plus de commerce ni de
trafic touristique même vers le nord, c'est dire vers Tamatave.
Les pécheurs ont occupé les lieux. Ils ont installé des barrages pour capturer le poisson. Certains hôtels possèdent des bateaux hors bord puissants pour les louer à leurs
clients, mais il y a un problème de cohabitation avec les pécheurs, car ces derniers viennent régulièrement dans les hôtels réclamer des indemnités pour des dégâts occasionnés sur leurs
filets par les touristes de passage. La situation reste encore gérable à condition de respecter certaines modalités imposées par les pécheurs. Ceux-ci laissent encore de minuscules barrières
de passage, mais ils ne sont pas favorables au développement touristique. Il semble qu'un arrangement soit possible pour que tous soient satisfaits.
Voilà l'état des lieux qui montre clairement et concrètement les difficultés et obstacles sur 654 km d'une voie d'eau unique au monde. Cela n'a rien de dramatique et les
acteurs locaux sont prêts à trouver les solutions. Il faudra peut-être les aider financièrement.
La dernière difficulté est la plus invraisemblable car elle implique beaucoup de transporteurs fluviaux, c'est un énorme banc de sable à 10 km environ de Tamatave, donc dans
la banlieue d'une ville qui doit compter 1 million d'habitants. Ce banc de sable oblige toutes les embarcations, y compris les pirogues à touriste à mettre pied à sable sur 250 mètres. La
drague est là, sur la rive, on ne sait si elle est en panne ou bien s'il n'y a pas d'argent pour payer le carburant. Alors, toutes les marchandises sont transbordées sur des radeaux de bambous
ou traînées par des hommes au fond de l'eau quand elles ne flottent pas, puis remontées à bord de leurs embarcations dès que l'obstacle est franchi.
Points d'accueil au 31/07/07:
A Manakara,
l'association Canal Evasion, dont Sylvain est le président,a créé en 2006 une structure de tourisme fluvial avec des pirogues de 2 à 20 personnes, un vrai port fluvial en cours
d'aménagement par les piroguiers eux-mêmes.
Leurs points forts:
l'expérience avec le parrainage de jean-louis, le guide réputé,
. le professionnalisme avec le guide sylvain, homologué par l'administration du tourisme malgache, diplômé d'ethnologie, descendant au premier rang de l'ethnie Antémoro,
. la disponibilité d' une équipe de piroguiers au service de l'association et des touristes, le sens de l'accueil des voyageurs étrangers sur le plan humain, linguistique et
culinaire,
. leur connaissance de terrain avec les villageois et la simplicité des relations.
Leurs points faibles:
. le manque d'infrastructures adaptées pour les bivouacs.
. le manque de pirogues adaptées ainsi que le manque de véhicule 4x4 de soutien.
A Mananjary,
la Route des épices propose des croisières sur le canal à bord de ses pirogues de 10 mètres motorisées et colorées. C'est aussi un hôtel restaurant propriété de français Alain et
Fanny. Sur le port, à l'autre bout de la ville, on trouve un départ régulier tous les matins en direction du nord entre 7 et 8 heures du matin. Ce bateau de 15m embarque de 30 à 70 personnes
sans compter le fret. C'est une pirogue à moteur, pas chère, sympa où tout le monde mange dans les assiettes préparées à bord par le cuisinier. Il faut une bonne journée pour arriver à Nosy
Varka. Pour rejoindre Mahanoro, par contre c'est plus compliqué.
A Mahanoro,
françois est propriétaire d'une jolie pirogue bleu de 10 mètres avec un hors bord, c'est un guide jovial et compétent. Il préfère travailler avec les groupes car le carburant
coûte cher et sa pirogue peut contenir 25 à 30 personnes. Son offre est sympa et professionnelle. Malheureusement, à cause des jacinthes d'eau, il ne peut rejoindre Vatomandry. Avec Canal
Evasion et quelques connaissances locales, il est décidé à s'attaquer à la réouverture du canal car ils ont l'appui des autorités provinciales et espèrent sensibiliser les touristes.
A Vatomandry
Canal Evasion prépare avec le Conseil Régional et les services touristiques, la création d'un point accueil et d'un port fluvial. Les hôtels sont nombreux car la station est très
touristique. Le casa d'oro et le grand hôtel proposent des hors bords puissants en location pour la promenade avec les conditions de navigation déjà évoquées.
A Tamatave,
actuellement la situation est catastrophique car les quelques opérateurs présents sur les guides de voyage ne sont pas opérationnels: le canal est ensablé à 10km, le port fluvial
lui même est envahi par les jacinthes d'eau, les destinations proposées sont hypothétiques vers le sud et inexistantes vers le nord. Personne ne garantit l'accès à certains sites de rêve comme
le Palmarium ou Manambato et surtout la sortie de ce paradis sans effectuer plusieurs kilomètres à pied dans la brousse. Aucun taxi brousse ne vous prend à l'intersection. C'est
l'aventure!
Prestataires, guides, agences de voyages et tour opérateurs spécialisés.
Les guides de voyage mentionnent comme navigable ce qui ne l'est plus c'est à dire le nord, excepté pour des promenades, par contre le sud, au départ de Manakara est proposé et
mérite le voyage.
Les tour opérateurs et Agences proposent des circuits où la plus grande partie est effectuée en 4x4 sur des pistes difficilement praticables. Il faut mentionner Holidays Madagascar
pour son sérieux,son niveau de prestation et de service.
Cette offre touristique sur le Canal des Pangalanes paraît déficiente aujourd'hui, mais elle peut croître si les opérateurs locaux prennent leur destin en main et provoquent des
partenariats avec les collectivités locales et les transporteurs comme Madabus.