La présidentielle : le scénario P
Le parti majoritaire des abstentionnistes issu des dernières non-élections locales (régionales et cantonales) a décidé de poursuivre sa successfull story en préparant une stratégie gagnante pour 2012.
Cette stratégie a pour objectif de révéler aux citoyens une opportunité crédible et un nouveau moyen de contrôler le processus démocratique. En effet, une grande majorité de citoyens est déçue par les décisions des élus politiques, par leur comportement et observe le panorama de leurs incapacités tragiquement visibles. Nos élus, censés nous représenter, sont incapables de comprendre les problèmes des citoyens et la diversité de la population. Ils se moquent de la parité homme-femme. Ils s’adressent aux citoyens avec démagogie et clientélisme. Ils refusent de se remettre en question, d’écouter les petits et les faibles, les non votant et les moins disant, de renoncer aux privilèges et aux abus de pouvoir, d’admettre qu’ils se sont trompés, qu’ils ont menti, qu’ils nous ont abusés et déshonorés en continuant de céder aux appâts de l’argent.
La stratégie gagnante est simple et respectueuse des institutions. Elle basée sur la compréhension de certains mécanismes sociaux que les partis dominants ne maitrisent plus tellement ils sont égocentrés et enfermés dans leur bulle. Elle s’articule en plusieurs étapes selon un fil conducteur d’émancipation et de libération de notre démocratie confisquée par des élites et par des bois sans soif de la réussite.
1ère étape : faire une alliance avec les Blancs et Nuls pour les déculpabiliser de leur addiction obsessionnelle au vote et leur donner gratuitement une carte de citoyen d’honneur au PAR, Parti des Abstentionnistes Réunis. La constitution du PAR est le fondement de la reconnaissance des Blancs et Nuls. Leur mérite dans l’ordre de la revendication d’insatisfaction de la sphère politique établie est supérieure à celui de l’abstentionniste, pécheur à la ligne, je-m’en-foutiste ou carpédiemiste anonyme. Néanmoins, en dehors d’une alliance sans arrière pensée, le voteur Blanc et Nul sera définitivement ignoré et ridiculisé. En adhérent au PAR il participe à ce pari fondamental d’une majorité prenant activement la direction d’une révolte citoyenne.
2ème étape : laisser les medias torturer, comme ils le font déjà, les 2 partis dits républicains, le Parti socialiste et le Mouvement populaire, avec la question du danger extrémiste des Fronts National et de Gauche. En effet, les medias et les instituts de sondage ont déjà mis en place leur stratégie de fixation des opinions publiques et des annonceurs qui les font vivre. Les citoyens savent que les projections et commentaires des professionnels n’ont rien à voir avec les réalités qui elles sont bien plus complexes, inclassables dans les pourcentages, les échantillonnages, les rubriquages. Ils sont stratégiquement esclaves du consumérisme électoral et c’est tant mieux pour le PAR qui a déjà démontré son insensibilité, son insondabilité mais sa réalité. Le jeu pervers du pouvoir médiatique envers le pouvoir politique s’explique probablement par la prise de conscience de leur vanité réciproque. Ils font semblant de se livrer un combat propre et démocratique alors qu’ils s’entredéchirent pour un pouvoir chimérique. Cela profite aux paroles, aux idées, aux actions, aux opinions libres et universelles. Eux, auto satisfaits, se mesurent en duel sur le pré carré mesquin et fermé des barrières idéologiques et dogmatiques.
3ème étape : les laisser s’enfermer eux-mêmes dans leurs contradictions et encourager la lutte fratricide des candidats de ces partis pour dégouter les sympathisants de participer aux primaires et pour donner aux militants des idées de vengeance. La vengeance est un plat qui se mange froid disait Simon Bocus, avant de rallier le parti des abstentionnistes réunis (PAR). Sereinement il attend le 3ème tour car c’est à ce moment là qu’il prend le pouvoir. En effet le 1er tour de la Présidentielle éliminera le plus faible des 2 majors car le PAR, s’il n’obtient pas la majorité, n’en sera pas loin. Il sera en embuscade prêt à se démobiliser pour ridiculiser le 2ème tour. Tous ceux qui croient au scénario du 21 avril bis se trompent car tous les cocus de ce jour profiteront de cette occasion pour crier « vengeance » ou « dégage ». Dans ces conditions, quasi insurrectionnelles, le PAR prendra le pouvoir, en laissant élire une marionnette ou marinette, piteusement élue avec moins de 20% des électeurs inscrits : un beau cadeau bien mérité ! Voilà les citoyens récompensés de leur résistance passive, désormais maître du jeu malsain de la 5ème république et de son présidentialisme.
L’élu(e) au suffrage universel de la Présidentielle croit qu’il (elle) devient automatiquement le(a) chef de la majorité parlementaire avec l’élection des députés de son parti. Sérieusement, qui peut croire que l’élection de Marionnette ou de Melantrichon entrainera une majorité parlementaire de son parti FN ou FG ? Certainement pas les abstentionnistes réunis car le PAR est capable de faire élire un Parlement représentatif de sa diversité comme contre pouvoir insoumis ou bien un groupe majoritaire anti présidentiel de manière à engendrer une cohabitation new style ? Les français adorent ce système idiot de contre pouvoir paralysant.
L’acte 4 de cette manipulation populaire aboutit à un rééquilibrage entre le pouvoir présidentiel et parlementaire. Cette crise institutionnelle reflète enfin la réalité d’un processus démocratique dévoyé dans un présidentialisme autocrate quasi monarchique. Le parlement serait investi de la mission de donner au pays un projet d’avenir en instituant une consultation nationale. Aujourd’hui certains sont favorables à une modification constitutionnelle qui permette aux minorités d’être représentées dans les institutions de la République en intégrant une dose de proportionnelle dans les différents scrutins. D’autres sont favorables à la création d’une 6ème république afin de modifier en profondeur la Constitution. On peut leur conseiller de faire en sorte qu’elle soit supérieure à la 5ème. Pour le PAR, il revient aux citoyens de revendiquer leur vrai pouvoir en imposant de nouvelles règles électorales pour la validation des scrutins, à savoir la représentation obligatoire de + de 50% des inscrits. Le Parti des abstentionnistes réunis n’aura plus de raison d’être le jour où les élus respecteront cette règle minimale et qu’en dessous de ce seuil ils s’obligeront à renoncer à leur mandat et à convoquer les électeurs à un nouveau scrutin.
Un choc institutionnel de déni des grands partis pourrait être l’occasion de mettre pacifiquement en chantier une réflexion utile sur nos pratiques démocratiques et d’ouvrir à tous les citoyens un débat ouvrant sur des consultations citoyennes. Sans ce choc il n’y aura pas de remise en question du personnel politique ni du personnel de la fonction publique car ils ont monopolisé et génétisé les fonctions qu’ils occupent au détriment de la majorité qui peut leur retirer ce pouvoir. Dans l’intérêt de tous, il est préférable d’opérer une mutation pacifique basée sur un nouveau pacte républicain entre les citoyens et les élites chargées de les représenter.
Le PAR défend l’honneur des élus dans leur légitimité et celui des citoyens dans leur responsabilité.
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